Soins du cheval

Grippe, rhinopneumonie et gourme : les maladies contagieuses du cheval

Fièvre, toux, jetage, abcès : distinguez la grippe, la rhinopneumonie et la gourme du cheval, et découvrez comment vacciner et protéger toute l'écurie.

Margaux LefebvreMargaux Lefebvre08 juin 2026
Grippe, rhinopneumonie et gourme : les maladies contagieuses du cheval

Grippe, rhinopneumonie et gourme sont les trois maladies contagieuses qui circulent le plus dans les écuries. Toutes provoquent fièvre et signes respiratoires, mais elles n'ont ni la même origine ni la même gravité. La grippe et la rhinopneumonie se préviennent par la vaccination ; la gourme, elle, se combat surtout par l'hygiène et l'isolement. Savoir les distinguer aide à réagir vite et à protéger les autres chevaux.

La grippe équine : très contagieuse, rarement grave

La grippe du cheval est due à un virus influenza, cousin de celui de la grippe humaine mais spécifique aux équidés. Elle se propage à une vitesse impressionnante : un cheval infecté contamine toute une écurie en quelques jours, par la toux et les sécrétions.

Les signes apparaissent vite :

  • une fièvre souvent élevée et brutale
  • une toux sèche et quinteuse, très caractéristique
  • un jetage clair au début
  • un abattement et une perte d'appétit passagers

Chez un cheval adulte en bonne santé, la grippe guérit en une à deux semaines avec du repos. Le danger vient des complications et de la contagion fulgurante. Un cheval grippé doit se reposer complètement : reprendre le travail trop tôt expose à des séquelles respiratoires. La vaccination, très efficace, est la meilleure protection et reste exigée dans la plupart des compétitions.

La rhinopneumonie : un virus aux multiples visages

La rhinopneumonie est causée par des herpèsvirus équins. Sa particularité, c'est qu'elle peut s'exprimer de trois façons très différentes.

La forme respiratoire, la plus courante, ressemble à un gros rhume : fièvre, jetage, toux légère, surtout chez les jeunes chevaux.

La forme abortive est redoutée dans les élevages : le virus provoque l'avortement des juments gestantes, souvent en fin de gestation, parfois en série dans un effectif. C'est l'une des grandes craintes des éleveurs.

La forme nerveuse, plus rare mais grave, atteint la moelle épinière et provoque une faiblesse de l'arrière-main, voire une paralysie.

Le virus a une autre caractéristique : il reste latent dans l'organisme et peut se réactiver lors d'un stress. La vaccination existe, particulièrement recommandée pour les juments gestantes et les chevaux qui voyagent.

La gourme : la maladie des abcès

La gourme est différente : ce n'est pas un virus mais une bactérie. Elle touche surtout les jeunes chevaux et se montre extrêmement contagieuse.

Le tableau est reconnaissable :

  • une fièvre et un abattement
  • un gonflement des ganglions de la gorge et de l'auge
  • la formation d'abcès qui finissent par percer et couler
  • un jetage épais, parfois purulent

La gourme guérit le plus souvent, mais elle traîne et contamine fortement le reste de l'écurie. Le matériel, les mains, l'eau partagée transmettent la bactérie. Certains chevaux guéris restent porteurs et entretiennent la maladie sans le savoir. La vaccination est peu utilisée en pratique courante : la lutte repose surtout sur l'isolement strict des malades et une hygiène irréprochable.

Comment protéger son écurie

Quelle que soit la maladie, les principes de protection se recoupent. La vaccination d'abord, pour la grippe et la rhinopneumonie. Tenir à jour le carnet de vaccination de chaque cheval est la base d'une écurie saine. Nos articles sur les vaccins recommandés pour le jeune poulain et sur les vaccins obligatoires du poulain détaillent le calendrier à suivre.

L'hygiène et la gestion des arrivées ensuite :

  • mettre en quarantaine tout nouveau cheval pendant deux à trois semaines
  • isoler immédiatement un cheval qui tousse ou fait de la fièvre
  • ne pas partager seaux, mors, éponges et matériel entre chevaux
  • se laver les mains et changer de vêtements après avoir manipulé un malade
  • prendre la température au moindre doute, car la fièvre précède souvent les autres signes

Une bonne gestion sanitaire de l'écurie limite énormément la casse en cas d'épidémie. Notre guide sur la gestion sanitaire de l'écurie rassemble les bonnes pratiques au quotidien.

Bien distinguer pour mieux réagir

Devant un cheval fiévreux qui tousse, on ne sait pas d'emblée à quoi on a affaire. Le réflexe juste est toujours le même : isoler le cheval, prendre sa température, et appeler le vétérinaire qui posera le diagnostic. La toux et le jetage peuvent aussi venir d'une cause non contagieuse, et notre article sur la prévention des maladies respiratoires aide à y voir clair.

Ces maladies font partie de la vie des écuries, mais elles se maîtrisent. Une vaccination à jour, une quarantaine systématique pour les nouveaux arrivants et un isolement rapide des malades suffisent à éviter la plupart des épidémies. Au moindre cas suspect, agissez comme si c'était contagieux : vous protégez tout le reste de l'effectif.

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