Soins du cheval

Maladie de Cushing chez le cheval : symptômes, diagnostic et prise en charge

Poil long, fourbure à répétition, fonte musculaire : reconnaissez la maladie de Cushing chez le cheval âgé et découvrez comment la diagnostiquer et la gérer.

Margaux LefebvreMargaux Lefebvre07 juin 2026
Maladie de Cushing chez le cheval : symptômes, diagnostic et prise en charge

La maladie de Cushing du cheval, ou PPID, est un trouble hormonal de l'hypophyse qui touche surtout les chevaux et poneys de plus de quinze ans. Elle ne se guérit pas, mais elle se gère très bien quand on la repère tôt. Le premier signe qui doit alerter : un poil long qui ne tombe plus au printemps, souvent accompagné de fourbures qui reviennent sans raison apparente.

Qu'est-ce que la maladie de Cushing chez le cheval

Le terme vétérinaire exact est dysfonctionnement de la pars intermedia de l'hypophyse, abrégé PPID. Concrètement, une petite glande située à la base du cerveau se met à produire trop d'hormones, dont l'ACTH. Cette surproduction dérègle ensuite tout l'équilibre hormonal de l'animal.

Le nom "Cushing" vient d'une comparaison avec une maladie humaine proche, mais le mécanisme du cheval lui est propre. On parle d'ailleurs de plus en plus de PPID pour éviter la confusion.

C'est une maladie de cheval âgé. Elle apparaît rarement avant douze ans, devient fréquente au-delà de quinze ans, et certains poneys y sont particulièrement sujets. Avec l'allongement de l'espérance de vie des chevaux, on la rencontre aujourd'hui dans presque toutes les écuries qui gardent leurs vieux compagnons.

Quels sont les symptômes du Cushing chez le cheval

Le signe le plus connu est l'hirsutisme : un pelage long, épais, parfois bouclé, qui ne mue pas normalement. Un cheval qui garde son poil d'hiver en plein mois de juin doit être examiné. Ce symptôme à lui seul suffit souvent à orienter le diagnostic.

Mais le Cushing se manifeste bien avant le poil long, par des signes plus discrets :

  • fourbures à répétition, parfois sans cause alimentaire évidente
  • fonte musculaire, surtout sur le dessus du dos et l'arrière-main, qui donne une silhouette "creuse"
  • ventre tombant alors que le reste maigrit
  • léthargie, baisse de forme, cheval qui "prend un coup de vieux" rapidement
  • boit et urine beaucoup plus que d'habitude
  • transpiration anormale, parfois localisée
  • infections qui traînent : abcès de pied, dents, peau, et cicatrisation lente
  • dépôts de graisse inhabituels, par exemple au-dessus des yeux

Ces signes s'installent lentement, sur des mois. C'est ce qui rend la maladie sournoise : on attribue souvent les premiers symptômes à l'âge. Un cheval qui enchaîne les petites infections ou dont la musculature fond malgré une bonne ration mérite un dosage sanguin.

Cushing ou syndrome métabolique : comment ne pas confondre

Les deux maladies provoquent de la fourbure, ce qui sème la confusion. Le syndrome métabolique équin touche plutôt des chevaux jeunes ou d'âge moyen, en surpoids, avec une résistance à l'insuline. Le Cushing touche les vieux chevaux et vient de l'hypophyse.

Les deux peuvent coexister chez un même animal, et c'est justement cette combinaison qui rend les fourbures si difficiles à contrôler. Seule une prise de sang permet de trancher. Si votre cheval fait des crises de fourbure répétées, lisez aussi notre guide sur la fourbure du cheval, car la prévention des crises repose sur les mêmes bases.

Comment diagnostiquer la maladie de Cushing

Le diagnostic repose sur une prise de sang réalisée par le vétérinaire. Le dosage de référence est celui de l'ACTH dans le plasma. Un taux élevé confirme la maladie.

Un détail compte beaucoup : l'ACTH varie selon les saisons. Le taux monte naturellement en fin d'été et en automne, chez tous les chevaux. Le vétérinaire en tient compte pour interpréter le résultat, avec des seuils ajustés à la période de l'année. C'est aussi pour cela que l'automne est souvent la meilleure saison pour dépister les cas douteux.

Quand le résultat n'est pas net, un test de stimulation à la TRH affine le diagnostic. Dans tous les cas, c'est un examen vétérinaire, pas une autoévaluation. Le poil long est un indice, pas une preuve.

Le traitement du Cushing chez le cheval

Le traitement de référence est le pergolide, vendu sous le nom de Prascend. C'est un comprimé donné chaque jour, qui agit sur l'hypophyse pour réduire la surproduction d'hormones. La plupart des chevaux retrouvent un poil normal, une meilleure forme et moins de fourbures en quelques mois.

Quelques points à connaître :

  • c'est un traitement à vie : il contrôle la maladie sans la guérir
  • la dose se règle avec le vétérinaire, en fonction des dosages de contrôle
  • certains chevaux mangent moins les premiers jours, le temps de s'habituer
  • un contrôle sanguin une à deux fois par an permet d'ajuster

Le médicament ne fait pas tout. La réussite dépend autant de la gestion quotidienne autour du cheval.

Bien vivre avec un cheval atteint de Cushing

Un cheval Cushing bien suivi peut vivre des années en pleine forme. La prise en charge au quotidien tourne autour de trois axes.

L'alimentation

Comme la fourbure guette, on limite les sucres et l'amidon : peu ou pas de céréales, un foin de bonne qualité, et de la prudence avec l'herbe de printemps riche en sucres. Les chevaux qui maigrissent ont besoin de calories sûres, apportées par des fibres et des matières grasses plutôt que par des féculents. Notre article sur l'alimentation du cheval détaille comment construire une ration équilibrée.

Les soins des pieds

Les fourbures abîment les pieds en silence. Un parage régulier, un œil attentif sur la démarche et une réactivité immédiate au moindre signe de boiterie évitent les drames. Le maréchal-ferrant devient un partenaire de premier plan.

La tonte et le confort

Un cheval qui garde son poil long transpire, a chaud et attrape facilement des problèmes de peau. Une tonte adaptée le soulage beaucoup l'été. Pensez aussi à surveiller sa bouche : les vieux chevaux Cushing cumulent souvent les soucis dentaires, un sujet que nous traitons dans notre guide sur les problèmes dentaires du cheval.

Enfin, parce que le système immunitaire est affaibli, restez rigoureux sur les soins courants. Un parasitisme mal maîtrisé fragilise encore plus l'animal : adaptez le suivi avec votre vétérinaire et reportez-vous à nos conseils sur le vermifuge du cheval.

Repérer la maladie de Cushing tôt change tout. Si votre cheval vieillit et que son poil, sa ligne de dos ou ses pieds vous interrogent, parlez-en à votre vétérinaire et demandez un dosage de l'ACTH. C'est un geste simple qui peut offrir plusieurs belles années à votre compagnon.

À lire également : Leptospirose chez le cheval : une maladie liée à l'eau et aux rongeurs.

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