Soins du cheval

Shivering chez le cheval : comprendre la maladie du tremblement

Postérieur qui tremble et se lève lors du ferrage, difficulté à reculer : découvrez le shivering du cheval, ses signes et comment vivre avec cette maladie.

Haras des Grillons04 juin 2026
Shivering chez le cheval : comprendre la maladie du tremblement

Le shivering est un trouble neuromusculaire qui se reconnaît surtout au moment de lever un postérieur : le membre se relève, tremble et reste en l'air, replié, parfois écarté. Le cheval a aussi du mal à reculer. C'est une maladie chronique, sans traitement qui guérit, mais beaucoup de chevaux atteints vivent et travaillent normalement pendant des années. Le principal défi, au quotidien, est le ferrage des postérieurs.

Qu'est-ce que le shivering

Le shivering, qu'on pourrait traduire par « tremblement », est un trouble du contrôle des mouvements des postérieurs. L'origine exacte reste mal comprise : on parle d'une atteinte neuromusculaire, c'est-à-dire d'un problème dans la commande des muscles plutôt que dans le muscle ou l'os lui-même.

La maladie est progressive sur le très long terme, mais beaucoup de chevaux restent stables pendant des années. Elle touche plutôt les grands chevaux et certaines races, et se déclare souvent à l'âge adulte.

Ce n'est ni une douleur aiguë ni une boiterie classique. Le cheval ne souffre pas en permanence ; il a surtout des difficultés à coordonner certains mouvements précis des postérieurs.

Les signes caractéristiques

Le shivering se manifeste dans des situations bien particulières, ce qui aide à le reconnaître :

  • au lever d'un postérieur (pour le curer ou le ferrer), le membre se relève haut, tremble et reste suspendu, parfois écarté du corps
  • en reculant, le cheval hésite, traîne les postérieurs, semble « bloqué »
  • la queue peut trembler ou se relever lors de l'épisode
  • les épisodes sont intermittents : le cheval peut être normal une bonne partie du temps

Entre deux épisodes, le cheval marche, trotte et galope souvent sans rien laisser paraître. C'est ce caractère intermittent et déclenché par des mouvements précis qui oriente vers le shivering plutôt que vers une boiterie. Pour bien différencier, notre article pour détecter les premiers signes de boiterie aide à observer le cheval dans différentes situations.

Les causes du shivering : ce que l'on sait

La cause exacte n'est pas entièrement élucidée, mais la recherche a progressé. Des travaux menés à l'université du Minnesota ont mis en évidence une dégénérescence des axones des cellules de Purkinje, dans le cervelet, chez des chevaux atteints. Le cervelet règle la finesse des mouvements : quand il dysfonctionne, le cheval contrôle mal des gestes précis comme lever un postérieur ou reculer.

Certains chevaux sont plus exposés que d'autres :

  • les grands chevaux, au-delà d'environ 1,70 m au garrot ;
  • les chevaux de trait (une étude américaine a relevé des signes chez près d'un cheval de trait belge sur cinq), les Warmbloods et les grands chevaux de sport ;
  • les mâles, hongres compris, plus souvent atteints que les juments.

Les poneys et les chevaux de petite taille sont rarement concernés. Aucun test génétique n'existe à ce jour.

Plusieurs facteurs ne causent pas la maladie mais aggravent les épisodes : le froid, le stress ou l'excitation (transport, arrivée du maréchal-ferrant), une longue immobilité au box, un sol glissant ou en pente, et toute douleur d'une autre origine.

Le diagnostic : surtout de l'observation

Il n'existe pas de test simple pour confirmer le shivering. Le diagnostic repose avant tout sur l'observation des épisodes caractéristiques, idéalement filmés, car ils ne se produisent pas toujours au bon moment.

Le vétérinaire écarte d'abord les autres causes : une boiterie, un problème de dos, une atteinte articulaire, mais aussi des affections aux signes voisins comme l'éparvin sec (ou harpement), où le postérieur se relève brusquement en marchant, la myopathie polysaccharidique (PSSM) ou une atteinte neurologique d'une autre origine. Des analyses de sang peuvent servir à écarter ces pistes. Cette démarche d'élimination ressemble à celle décrite dans notre guide sur le diagnostic vétérinaire de la boiterie. Filmer son cheval lors d'un curage des postérieurs ou d'un reculer rend un grand service au vétérinaire.

Vivre avec un cheval atteint de shivering

Sans traitement curatif, la prise en charge vise le confort et l'adaptation du quotidien. La bonne nouvelle, c'est qu'un cheval shivering peut mener une vie active.

Quelques principes aident au jour le jour :

  • garder le cheval en mouvement : le travail régulier et la vie au pré entretiennent la souplesse et semblent ralentir l'évolution
  • adapter le ferrage : prévenir le maréchal-ferrant, lever le postérieur moins haut et moins longtemps, faire des pauses
  • éviter l'immobilité prolongée au box, qui n'arrange rien
  • rester patient lors des soins des postérieurs, sans forcer un membre qui tremble

D'autres mesures aident à limiter les épisodes :

  • couvrir le cheval par temps froid, puisque le froid accentue les tremblements ;
  • choisir des sols stables, ni glissants ni trop pentus, au pré comme au travail ;
  • bien échauffer le cheval avant de lui demander un effort, surtout au sortir du box ;
  • limiter les sources de stress et garder une routine régulière ;
  • revoir la ration avec le vétérinaire : une alimentation pauvre en sucres et en amidon, enrichie en matières grasses et en vitamine E, est parfois conseillée, notamment quand une PSSM est suspectée ;
  • pour le ferrage, demander au vétérinaire si une sédation légère est utile chez un cheval très gêné.

L'évolution varie beaucoup d'un cheval à l'autre. Chez la plupart, les signes restent stables ou progressent très lentement. Dans une minorité de cas, les épisodes s'aggravent et une fonte musculaire de l'arrière-main apparaît ; le suivi vétérinaire permet alors de réévaluer le confort et l'utilisation du cheval.

Le ferrage est le vrai point sensible. Un maréchal-ferrant informé adapte sa technique, et une bonne relation de confiance facilite énormément les choses. Comme pour l'arthrose du cheval, le mouvement régulier et doux reste le meilleur allié du confort sur la durée.

Garder le bon état d'esprit

Découvrir que son cheval a du shivering inquiète, surtout à cause du nom et de l'aspect impressionnant des tremblements. Mais beaucoup de chevaux vivent des années avec, sans douleur marquée, en gardant leur activité. L'enjeu est d'accompagner, d'adapter les soins et de surveiller l'évolution.

Si votre cheval lève un postérieur qui tremble et reste en l'air, ou s'il peine à reculer, filmez l'épisode et montrez-le à votre vétérinaire. Un diagnostic posé permet d'adapter le quotidien et de prévenir le maréchal-ferrant, pour que les soins se passent au mieux.

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